Sentiment d’imposture : vous sentez-vous concerné.e ?

Sentiment d’imposture : vous sentez-vous concerné.e ?

Combien d’employé.e.s ont peur de ne pas être à la hauteur des responsabilités qu’on leur attribue ? Selon le  Journal of Behavioral Science, 70 % des personnes dans le monde souffrent du syndrome de l’imposteur, ou en ont déjà souffert à un moment de leur vie. Et si nous avons décidé d’aborder cette problématique au cœur de notre dossier Femmes Fortes, c’est bien parce que ce phénomène touche beaucoup plus les femmes que les hommes.  

Le syndrome de l’imposteur, c’est quoi ? 

Pour comprendre le syndrome de l’imposteur, commençons par le début ! Deux psychologues, Pauline Clance et Susanne Imes, ont étudié le comportement de 150 femmes diplômées à la fin des années 1970. Alors que ces femmes exerçaient des métiers prestigieux et étaient reconnues pour leurs compétences, les psychologues ont observé que ces professionnelles manquaient confiance en elles et considéraient que leur réussite était dûe à des facteurs externes. Beaucoup pensaient même qu’elles ne méritaient pas leur situation et qu’un jour, leur «  imposture  » serait dévoilée.   

Comme l’expliquent également Anne de Montarlot, psychothérapeute, et Élisabeth Cadoche, auteure de fictions, d’émissions télévisées et de documentaires, les personnes concernées par le syndrome de l’imposteur ont ainsi généralement des doutes sur leurs compétences et craignent d’être « démasquées » par leurs pairs. Dans ces cas, même d’excellents résultats et un beau parcours ne semblent pas suffisants pour les aider à se sentir plus légitimes. 

En fait, le syndrome de l’imposteur se définit ainsi comme le sentiment de ne pas être à la hauteur, un sentiment d’illégitimité. 

Quels sont les éléments déclencheurs ? 

Plusieurs situations peuvent nous amener à souffrir du syndrome de l’imposteur. Le plus souvent, il peut s’agir d’un grand changement de vie, comme un nouvel emploi, un changement de carrière ou même l’arrivée d’un enfant ; ce sont des situations qui remettent en question nos capacités et peuvent nous faire douter de nous. 

Maud Navarre , journaliste, en sait quelque chose ! Dans son article «  D’où vient le syndrome de l’imposteur ?  », elle partage justement son vécu après avoir obtenu un nouveau poste : «  En quelques semaines, je suis devenue journaliste pour le magazine  Sciences Humaines. Du point de vue de mes recruteurs, j’étais parfaite pour le job. Mais de mon point de vue, j’ai surtout retenu que ma candidature avait été retenue parmi des dizaines d’autres postulants, diplômés d’écoles de journalisme, alors que je ne l’étais pas  ». Une jolie anecdote qui nous rappelle que ce ne sont pas les autres qui comptent, mais bien notre propre valeur !

5 profils sujets au sentiment d’imposture 

Vous vous demandez si vous êtes concerné.e par le syndrome de l’imposteur ? L’experte en la matière  Dr Valerie Young a classé les personnes sujettes selon différents types de profils. 

  1. Le ou la perfectionniste  : aimant tout faire à la perfection, ce type de personne passe beaucoup plus de temps que la moyenne à exécuter ses tâches afin de donner le meilleur de soi. Le.la perfectionniste peut également avoir du mal à déléguer, préférant faire les choses par il/elle-même pour obtenir les meilleurs résultats. 
  2. L’expert.e  : il ou elle accumule les formations et les diplômes afin de rendre sa position légitime. Convaincu qu’il faut tout savoir afin de mériter un emploi, ce profil continuera sans cesse d’enrichir ses connaissances afin de s’assurer qu’aucune information ne lui échappe.  
  3. Le ou la solitaire  : il ou elle peut aussi avoir du mal à demander de l’aide, car cela signifiera remettre en cause sa légitimité. 
  4. Le ou la super (wo)man  : ce type de profil aime souvent dépasser ses limites, relever de nouveaux défis et se perfectionner dans tous ses projets. 
  5. Le.la génie  : souvent dotées de compétences innées, ces personnes pensent souvent que leur succès n’est pas le résultat de leurs efforts, mais simplement le fruit du hasard ! En bref, un.e génie qui n’a pas conscience de ses qualités !

 Alors ? Souffrez-vous du syndrome de l’imposteur ? Peu importe la typologie qui vous ressemble le plus, sachez qu’il n’y a aucun mal à vivre ces moments de doute et de solitude à certains moments de sa carrière. 

Le plus important est d’en prendre conscience et de demander de l’aide pour éviter de vous surcharger mentalement et ainsi, développer votre confiance personnelle pour vivre et travailler peut-être plus sereinement. 

Un article de Zeineb Khalfallah

Découvrez notre beau dossier consacré aux Femmes Fortes

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