Prenons-nous assez de vacances?

Prenons-nous assez de vacances?

Au tableau des pays développés offrant le plus de vacances payées, le Canada ne fait pas tellement bonne figure. Les journées de congé rémunérées varient selon les provinces, mais en moyenne au Québec, un employé a droit à 10 à 15 jours ouvrables seulement par année. On est loin derrière la France, où les 25 jours ouvrables obligatoires permettent souvent aux habitants de prendre le large pendant tout le mois d’août pour aller rêvasser sur des plages européennes. Mais tant qu’à se comparer, on peut également le faire avec nos voisins du sud, où il n’existe aucune norme au chapitre des congés payés. Pire, les sondages prouvent que ces derniers ont réduit d’environ cinq jours le nombre de journées de repos annuelles qu’ils s’autorisent depuis le début des années 2000. Entre l’abondance de vacances des Français et l’absence de celles-ci chez les Américains, où se situe l’idéal?

Probablement de l’autre côté de l’Atlantique, selon les experts.

L’argumentaire pour plus de vacances

Il faut qu’on mette quelque chose au clair : personne ne devrait jamais se sentir coupable de profiter des journées de congé qui lui sont dues. Ça pourrait sembler une évidence, mais ce ne l’est pas : j’ai souvent constaté parmi mes collègues une retenue particulière à ce sujet. Et une réticence chez les employeurs à nous « approuver » des vacances dûment gagnées.

Pourtant, tant les patrons que les employés devraient se réjouir des vacances. Du côté des dirigeants, il devrait être su que la productivité est accrue lorsqu’on prend le temps de se déconnecter. Et les congés payés coûtent somme toute beaucoup moins cher que les montants qui doivent être assumés lorsqu’un salarié se rend au burnout.

En tant qu’employé, il ne faut surtout pas faire l’erreur de négliger ses vacances par excès de zèle. Outre les impacts majeurs sur la santé, les moments de pause ont littéralement un effet d’avancement sur la carrière plutôt que de la menacer. Une étude publiée sur Harvard Business Review démontre qu’aux États-Unis, en 2016, les personnes ayant pris moins de 10 jours de congé par an avaient 34,6 % de chances de recevoir une augmentation ou une prime sur une période de trois ans. À l’inverse, les personnes ayant pris plus de 10 jours de vacances par an avaient 65,4 % de chances de se voir offrir une augmentation ou une prime. C’est donc dire que si vous prenez 11 jours de vacances ou plus, vous avez de 30 % de chances de plus de recevoir une augmentation. À ce compte-là, ce serait carrément fou de s’en priver.

Et même en temps de pandémie

Nombreux ont été les travailleurs qui, en 2020, ont annulé leurs vacances. Plusieurs se demandant : à quoi bon utiliser mes journées de congé si je ne peux pas les passer à découvrir un village particulièrement magnifique et reclus du Sri Lanka et à en partager les moindres facettes sur Instagram?

Sans blaguer, il demeure véridique que la pandémie nous a fait prendre moins de jours de repos, et c’est alarmant. Dans une année aussi éprouvante émotionnellement, c’est justement maintenant qu’on devrait garder du temps pour soi. S’il n’est pas conseillé de partir en voyage à l’étranger, on peut toujours louer un petit chalet en nature. Pourquoi ne pas répartir ses semaines à travers l’année pour avoir l’impression que les vacances reviennent vite, chaque saison? D’autres font aussi le choix d’allonger d’un ou deux jours de nombreuses fins de semaine pour reprendre leur souffle petit à petit, en s’imposant des semaines moins longues. Dans tous les cas, quelle que soit votre solution, n’oubliez pas de réclamer vos vacances. Elles sont à vous, et personne ne peut les prendre à votre place!


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