Le poids de la pandémie sur la carrière des femmes

Le poids de la pandémie sur la carrière des femmes

On peut tous s’entendre sur une chose : la COVID-19 a eu un impact majeur sur les emplois, les carrières, l’économie en général – et ses effets n’ont pas fini de se faire sentir. Mais contrairement aux récessions que le monde a connues par le passé, cette fois-ci, les pertes d’emplois sont plus importantes chez les femmes, et je me suis demandé pourquoi. 

Secteurs typiquement féminins 

Le virus a frappé certains secteurs plus durement que d’autres, et ça, personne n’aurait pu le prévoir. Comme il s’avère que les femmes sont plus présentes dans des industries de services, notamment la restauration, l’hôtellerie et la vente au détail, on comprend facilement pourquoi bon nombre de travailleuses ont perdu leur poste dès le début de la pandémie. Mais cette seule variable n’explique pas tout du recul auquel on assiste actuellement dans les carrières des femmes. Alors que certaines se sont retrouvées au chômage du jour au lendemain, pour d’autres, le dur choix de quitter soi-même son emploi s’imposait. 

Écart salarial persistant 

Plusieurs ménages ont dû faire un calcul purement rationnel pour en venir à une conclusion désolante : maman doit démissionner si on veut garder la tête hors de l’eau. En effet, la fermeture des écoles et des garderies au printemps 2020 a imposé des changements drastiques. Pour plusieurs, travailler avec un, deux, trois enfants (ou plus!) avec soi relevait de la mission impossible. De nombreux couples aux prises avec cette situation ont alors fait le choix de ne conserver que l’emploi le plus avantageux des deux parents. Et dans les couples hétérosexuels, c’est encore souvent la femme qui gagne moins que son conjoint : en 2019, les Canadiennes faisaient environ 87 cents pour chaque dollar gagné par un homme1Quand on tient compte du fait que les femmes ont dépassé les hommes en ce qui a trait au niveau de scolarité, cet écart persistant a de quoi surprendre.  

Rôles traditionnels 

Enfin, on ne doit pas se leurrer : même dans les ménages hétérosexuels où le salaire de la femme n’est pas inférieur, il n’en demeure pas moins que les mères sont souvent celles qui portent sur leurs épaules le plus gros de la charge mentale. Faire l’école à la maison, parfois en travaillant simultanément, est devenu le quotidien de beaucoup plus de femmes que d’hommes. Une étude anglaise parue au printemps a par exemple démontré que les mères britanniques passaient en moyenne cinq heures à enseigner à leurs enfants, comparativement à moins de deux heures pour les pères2. Pour celles qui ont quitté leur emploi pour y arriver, le recul est indéniable, mais aussi pour celles qui doivent composer avec des enfants à leurs côtés durant les appels, les réunions et les heures de productivité. 

Et dans le futur? 

Personne ne sait quand (et si) on retrouvera la vie qu’on menait pré-pandémie. Mais une chose est certaine : la COVID-19 a accentué l’écart qui était toujours présent entre les hommes et les femmes sur le marché du travail. Parions qu’il faudra bientôt mettre les bouchées doubles pour mener cette lutte vers l’égalité si on espère rattraper le retard pris en 2020.   


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