La flexibilité au service de la santé mentale

La flexibilité au service de la santé mentale

Bien que les problèmes de santé globale touchent de plus en plus de personnes dans le monde, les problèmes de santé mentale demeurent encore un sujet tabou. D’ailleurs, d’après le Centre de toxicomanie et de santé mentale, un Canadien sur deux souffre ou a déjà souffert de maladie mentale. Malheureusement, beaucoup n’osent pas en parler à leur entourage par peur d’être jugés ou rejetés. Selon un sondage publié par Anxiety and Depression Association of America, 75% des gens souffrant d’un trouble anxieux n’en ont pas avisé leur employeur par crainte de créer des malentendus ou de laisser des traces dans leurs dossiers. La solution? Il est fondamental pour les gestionnaires de mettre en avant la santé mentale dans leur stratégie de gestion des ressources humaines et de favoriser le dialogue avec les membres de leur équipe.

La santé mentale : encore plus importante dans un contexte de pandémie

La crise économique et sanitaire rend les travailleurs canadiens encore plus stressés et anxieux. Selon une étude menée par IPSOS cet été, 59% des Canadiens estiment que la pandémie a eu des effets négatifs sur leur santé mentale. De plus, un sondage mené par l’Université de Sherbrooke en septembre a révélé que 22% des répondants avaient ressenti des symptômes de trouble d’anxiété généralisée ou d’une dépression majeure au cours des deux dernières semaines.

Afin de répondre aux problèmes liés à la santé mentale occasionnée par la pandémie, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a même développé un document officiel contenant une série de mesures à mettre en place pour favoriser le bien-être et l’équilibre mental. Le document en question démontre qu’il est fortement recommandé d’adopter des stratégies d’adaptation utiles comme prendre soin de son alimentation, prendre du repos, bouger son corps, méditer, rester en contact avec ses proches et avoir une attitude bienveillante envers ses collègues. Mais en dehors de ces démarches individuelles, que faire au sein des entreprises afin de protéger la santé mentale des employés?

Des horaires flexibles pour l’équilibre mental

Selon une étude menée en 2019 concernant le travail flexible, 39% des travailleurs qui ont accès à des mesures flexibles affirment que celles-ci ont des effets positifs sur leur santé mentale.  De plus, 14.3% des répondants ont affirmé qu’ils envisageaient un changement de carrière dans une organisation qui leur offrirait un travail flexible, citant que la rigidité de leurs heures les empêche de jouer efficacement leur rôle. Ainsi, mettre en place des horaires flexibles améliorera non seulement la santé mentale des employés, mais leur permettra également d’avoir de meilleures performances tout en jonglant avec différentes responsabilités.

Moins d’heures de travail et plus de moments pour soi

Le 9 à 5 ne répond plus au marché du travail actuel. À l’ère où les tâches faciles et redondantes peuvent être robotisées, les employés sont plutôt sollicités pour développer des stratégies bien réfléchies et pour trouver des solutions innovantes. Travailler moins d’heures leur permettrait justement d’être plus engagés, créatifs et d’accomplir leurs projets avec plus d’efficacité. De plus, selon une étude réalisée en 2017 auprès des Suédois opérant dans le secteur public, un horaire de travail réduit permet d’avoir un meilleur sommeil, et atténuerait les pensées négatives, les troubles de la mémoire et les risques d’épuisement professionnel.

Afin d’éviter le surmenage, la dépression et le trouble du sommeil, l’Association canadienne pour la santé mentale (ACSM) invite également les travailleurs à limiter l’engagement professionnel afin de passer plus de temps en famille, d’adapter les heures de travail à la vie personnelle, de tirer avantage des mesures flexibles proposées par l’employeur, de diminuer le temps de travail le soir, etc.

Favoriser le télétravail

Selon une étude menée en 2017 au Royaume-Unis, le télétravail aurait des bénéfices sur la santé mentale des employeurs puisque travailler de la maison leur permettrait de trouver un équilibre entre leur vie professionnelle et privée. Une autre étude suggère que travailler de la maison permettrait de diminuer le niveau de stress et de prévenir l’épuisement professionnel. Ainsi permettre aux employés de travailler de la maison, et ce même après la pandémie, contribuerait à leur bien-être et augmenterait leur performance, en plus de les soulager du stress des embouteillages!

La santé mentale demeure malheureusement un sujet tabou qui empêche certains employés de s’exprimer. Il est important de déstigmatiser ce phénomène au sein des entreprises afin de favoriser un environnement de travail sain basé sur la confiance et la communication.


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