Flow d’idées avec Caroline Jost, iNNERSHiP Flow d’idées avec Caroline Jost, iNNERSHiP
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Flow d’idées avec Caroline Jost, iNNERSHiP

Publié le 4 juin 2020 | Par Audrey Rousseau Dufresne

Flow a échangé avec Caroline Jost, co-fondatrice et lead Amérique du Nord d’iNNERSHiP, afin d’en apprendre davantage sur son quotidien de maman entrepreneur et ce que l’après-COVID lui réserve.

Depuis le début du confinement, qu’est-ce qui a changé dans ta façon de travailler ?

Mes horaires. En étant deux à travailler à la maison, avec un enfant de 18 mois, on a vite dû penser à un nouvel aménagement de nos temps de travail. En étant entrepreneur j’étais quand même plus flexible que mon conjoint qui travaille pour une institution financière, donc on a regardé ce qui pouvait faire du sens pour nous deux.

Au-delà de la conciliation travail-famille que je faisais déjà, ça m’a forcée à imposer à l’équipe et même à des clients mes plages de disponibilités. La gestion de mon agenda est devenue une priorité pour qu’il reflète exactement mes rendez-vous et les tâches prioritaires. Heureusement, j’avais fait un travail de coaching sur ce sujet à mon retour de congé maternité qui me sert beaucoup pendant cette période.

Comment es-tu organisée pour travailler de la maison ?

Nous n’avons pas d’espace bureau chez nous donc au début on se relayait sur la table à manger qu’on avait aménagée un peu, mais ce n’était pas idéal et trop proche des chambres. Donc difficile pour moi de prendre des appels sans réveiller notre petite Éléonore ! J’étais aussi moins bien installée avec seulement l’ordinateur portable, sans deuxième écran, pendant la majorité de mon temps de travail. Je pouvais m’installer dans le canapé, au bar, dans la chambre, mais jamais vraiment dans de bonnes conditions. Même avec peu de place, j’ai réussi à installer un coin bureau loin des chambres, avec de la lumière, facilitant une bonne ergonomie. Je peux déplacer la console aussi lors d’appels pour que ma petite famille ne soit pas trop exposée. Les jeux d’enfants ne sont jamais loin mais le tapis de Yoga non plus au besoin.

Comment organises-tu tes journées ?

En semaine, je travaille de 5h à 8h, de 11h à 15h, et après 20h au besoin. Puis de 9 à 17h la fin de semaine. C’est fatiguant et j’ai peu de pause, mais ma charge a diminué depuis le début du confinement, donc je peux me permettre d’ajuster quand j’ai besoin de recharger les batteries et j’essaie d’avoir une journée « off » par semaine maintenant que la routine est établie. Le moment le plus calme au final qui m’appartient le plus est à 5h du matin quand tout le monde dort.

Comment se passe la communication et les interactions avec le reste de ton équipe ?

Tout le monde a fait preuve de flexibilité. Nous avons des routines hebdomadaires pour chaque « cercle » (nous sommes organisés en cercles). Nous avons également essayé de réduire la fréquence ou la durée de nos appels, mais au final nous avons réalisé que ces routines étaient très importantes en ce moment, et qu’il fallait plutôt prioriser les sujets et réduire la charge plutôt que le nombre d’appels en équipe.

Quels sont les points positifs reliés à cette nouvelle réalité ?

D’un point de vue des affaires, iNNERSHiP offre des programmes d’accompagnement dans le changement qui peuvent être 100% à distance, alors la crise nous positionne comme partenaire naturel pour nos clients. C’est ce qui a fait que la charge pour nous depuis le début du confinement n’a pas baissée, et qu’il a même fallu recruter.

Aussi partout autour de moi, je crois que la situation actuelle est la démonstration que les gens ne sont pas moins productifs depuis la maison si on les laisse s’organiser. Bien au contraire. La flexibilité a toujours été un atout je pense chez iNNERSHiP, et comme entrepreneurs c’était aussi un choix de vie. Ça ne veut pas dire qu’on travaille moins fort. Voir le monde de l’entreprise que nous avons quitté évoluer vers la flexibilité est intéressant.

D’un point de vue personnel, je vois avec notre petite fille à quel point elle progresse avec nous en ce moment. On savoure (malgré la fatigue !) le fait d’être ensemble, de manger ensemble même le midi. Elle essaie de parler et de faire plus de choses par elle-même, et comme nous vivons son quotidien on comprend mieux ce qu’elle essaie de dire ou faire. Ça doit être plaisant pour elle qu’on la comprenne et qu’on puisse interagir avec elle en ce sens et l’aider.

Et même si on essaie de dissocier les deux environnements (travail et personnel), ça finit quand même de temps en temps avec un enfant qui vient sur les genoux, un appel qu’on ne peut pas prendre car le climat ne fonctionne pas. Et c’est très bien comme cela. Ce temps nous rappelle que nous sommes avant tout des humains et que la priorité reste la santé physique et mentale de chacun. Connaître les contraintes et l’environnement personnel des autres me rapproche d’eux. Je m’assure que personne ne se sent gêné d’avoir à concilier les deux, et à aucun moment de mon côté je n’ai senti de l’équipe ou de mes clients ou partenaires qu’ils ne comprenaient pas ma réalité. C’est apprécié.

Quels sont les points un peu moins positifs reliés à cette nouvelle réalité ?

La place de la technologie dans nos vies est un enjeu, mais nous en sommes conscients. Pour nous comme adultes, mais aussi pour un enfant. On a réussi à faire un confinement quasiment sans télévision. Mais pour le travail comme pour échanger avec la famille et les amis, devoir passer par la technologie renforce le besoin aussi de pouvoir se déconnecter et ce n’est pas simple. Pendant un jour « off » en commun en famille, nous avons fait une journée entière sans technologie, aucune. C’était génial !

Même si j’ai organisé mon temps par blocs pro ou perso, le fait de ne pas avoir cinq vraies journées de travail donne la sensation de moins pouvoir prendre le temps pour le travail de fond. Pour moi, je fais ça la fin de semaine sans être dérangée.

Si le Québec se déconfine éventuellement (que les enfants retournent à l’école et à la garderie), est-ce que tu souhaites continuer à travailler de la maison ou tu retourneras dans un espace de bureau ?

Pour notre équipe basée à Montréal, avant le confinement nous partagions un bureau avec 2 belles entreprises, dont Flow, depuis l’été passé. Ça reste le modèle que je voudrais continuer à privilégier, car il nous ressemble. Pour moi, bureau ou pas, la flexibilité c’est d’avoir le choix. Être obligé de travailler de la maison sans autre option confortable ce n’est pas de la flexibilité. Cependant, nous avons réalisé un séminaire d’équipe au sein d’un parc avec le Wi-Fi, en respectant les deux mètres de distance entre nous. Cela nous a fait énormément de bien de nous voir en vrai dont une personne qui nous a rejoint le 23 mars, en pleine crise de la COVID, avec un programme d’intégration 100% à distance !

Ça va être intéressant de voir également l’évolution des espaces de co-working qui foisonnaient déjà. Mais pour moi, partager un bureau avec des personnes, des entreprises et des partenaires choisis, avec qui nous pouvons partager des ressources, des idées, des projets et des conseils; ça renforce l’appartenance à une équipe plus large, à un lieu et même à une culture de co-construction qui nous ressemble chez iNNERSHiP.

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