Apologie du code vestimentaire flexible Apologie du code vestimentaire flexible
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Apologie du code vestimentaire flexible

Publié le 17 juin 2020 | Par Marie-Sarah Bouchard

Ce matin, j’ai rencontré un de mes clients. Naturellement, comme l’exigent les mœurs de notre nouvelle normalité, cette rencontre s’est déroulée sur Zoom. Et bien sûr, je ne me suis forcée que pour le haut. Un joli chemisier… et sous le bureau, hors caméra, de vieux joggings délavés. Pourquoi aurais-je enfilé un pantalon inconfortable alors que personne ne pouvait le voir?

En bonne millénariale, j’ai changé d’emploi environ chaque deux ans au cours de ma vingtaine. J’ai pu expérimenter des milieux de travail très variés où les codes vestimentaires étaient aux opposés. Chez Bombardier Aéronautique, les jeans étaient formellement interdits. Même lorsque le comité social a proposé, le temps d’une seule petite journée, de faire payer les employés 10 $ pour s’en vêtir et ensuite faire don du montant d’argent amassé à une fondation. Même ça, c’était non. (Toutefois il fallait porter des caps d’acier dans l’usine. Avec ma petite robe chic et mon veston, c’était pour le moins curieux). Chez Apple par contre, aux bureaux de Cupertino, je me souviens d’être venue travailler en tongs et en camisole. Jeans troués aux genoux. Je passais inaperçue.

Pourtant, on me considérait comme une professionnelle dans ces deux postes, et ma qualité d’employée, je le confirme, était la même. Cette saison-ci, le coronavirus a fait bien des ravages, bouleversé bien des habitudes. Souvent, de manière malencontreuse et triste. Mais pas uniquement. Ainsi, c’est grâce au confinement que de nombreux travailleurs de bureau ont notamment découvert les joies d’accomplir leurs tâches dans le confort d’une bonne paire de leggings. On murmure de plus en plus fort dans les coulisses du monde corporatif que la possibilité de faire du télétravail, autrefois impensable aux yeux de beaucoup d’employeurs, pourrait se poursuivre pour de bon une fois la crise derrière nous.

Ça me semble logique, donc, de poser cette prochaine question : si une majorité est maintenant habituée à livrer la marchandise sans avoir à enfiler un costume inconfortable chaque matin, une révolution du code vestimentaire serait-elle également à nos portes?

Vous aurez déjà compris par mes quelques exemples que je suis une fervente défenseure de la politique vestimentaire flexible en entreprise. Et je ne suis pas la seule, au contraire. Aux États-Unis, en 2019, on estimait qu’un travailleur sur trois accepterait une diminution de salaire de 5000 $ pour pouvoir venir travailler vêtu comme bon lui semble. À mon sens, les entreprises qui souhaitent offrir de meilleures conditions à leurs employés, surtout celles qui ont des enjeux de recrutement, devraient opter pour cette solution peu coûteuse – que dis-je, gratuite! Il m’apparaît également comme une évidence que le confort est une prémisse à la productivité. Les entreprises dépensent souvent des sommes considérables pour s’assurer que leurs employés aient des postes de travail ergonomiques, des bureaux conviviaux. Des écrans géants. Des stylos dont l’encre coule rondement. Du café à profusion. Mais tous ces privilèges ne sont-ils pas futiles pour la personne qui ne rêve que de rentrer chez elle et d’enfin arracher ce pantalon en laine piquante ou ce tailleur trop chaud et serré? Il y a de quoi être déconcentrée.

Certains partisans du code vestimentaire strict sont d’avis que l’uniforme de travail est nécessaire pour que l’esprit opère une distinction entre les moments où il peut se reposer et les moments où il doit livrer. Pour ma part, m’habiller, le matin, fait effectivement partie du rituel qui me permet de me mettre en mode « travail ». Mais j’ai remarqué que l’essentiel, en fait, était surtout de ne pas rester en pyjama. Un autre pantalon ample, un chandail doux et hop! je suis une femme nouvelle, prête à affronter la journée.

Il est encore trop tôt pour pouvoir observer l’impact de la COVID-19 sur la permissivité des milieux professionnels concernant l’habillement. Mais en ce moment, tous les espoirs sont permis pour ceux et celles qui, comme moi, rêvent de conserver toute leur crédibilité en s’habillant d’élasthanne de la tête aux pieds.

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