Adapter ses horaires de travail à son cycle menstruel Adapter ses horaires de travail à son cycle menstruel
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Adapter ses horaires de travail à son cycle menstruel

Publié le 1 décembre 2020 | Par Zeineb Khalfallah

Avoir un congé menstruel, toutes les femmes en rêvent ! Crampes, migraine, nausées, douleurs au dos et fatigue, 50% à 80% des femmes ressentent chaque mois ces symptômes qui rendent difficile la réalisation des simples tâches quotidiennes. D’ailleurs, en Italie, les douleurs menstruelles sont la cause d’absentéisme chez 13% à 51% des femmes. Et pourtant, ces femmes vivraient beaucoup mieux leurs cycles si elles avaient le choix de s’absenter, de diminuer leurs heures de travail ou de se contenter de réaliser des tâches plus faciles et accessibles les premiers jours de leurs menstruations.

Tout a commencé en 1948 …

Si l’idée de donner des congés menstruels parait « farfelue » et beaucoup trop moderne, sachez que le concept a vu le jour pour la première fois en 1947 au Japon avec l’intégration du congé physiologique. Beaucoup de pays ont par la suite suivi le mouvement : la Corée du Sud en 2000, Taïwan en 2013, la Zambie en 2015, l’Italie en 2017, etc. Malgré tout, la cause n’est pas encore gagnée dans certains de ces pays puisque rares sont les femmes qui profitent du congé menstruel. En Italie, par exemple, les femmes doivent fournir un certificat médical pour pouvoir en profiter.

Pour un meilleur rendement

Donner des congés menstruels a été l’initiative de beaucoup d’entreprises dans le monde dont Coexist, une société anglaise située à Bristol. Lors d’une entrevue avec The Guardian, Ben Baxter, le directeur de la firme, explique les raisons qui l’ont amené à intégrer cette nouvelle mesure flexible. « J’ai travaillé avec beaucoup de femmes et j’en ai vu se plier de douleur tellement leurs règles les faisaient souffrir. Malgré cela, elles restaient au travail, car elles ne se considéraient pas souffrantes. Ce n’est pas juste » a témoigné le leader. Ben Baxter poursuit en soulignant qu’il est important d’écouter son corps afin de rester productive et créative. Une telle mesure est bénéfique tant pour les employés que les employeurs.

« Il ne s’agit pas juste de partir en congé lorsqu’on est malade. Si on suit notre rythme naturel, la créativité et l’intelligence s’en trouvent épanouies. Cela ne peut qu’être bon pour l’entreprise » Ben Baxter, directeur de Coexist

En effet, avoir des règles douloureuses ne cause pas uniquement de l’inconfort, mais aussi une baisse de productivité, d’efficacité et de créativité. Une étude réalisée en 2019 s’est justement penchée sur la question en sondant près de 32 748 femmes néerlandaises âgées de 15 à 45 ans. Résultat? 14% des personnes interrogées ont déclaré s’être déjà absentées du travail ou de l’école pendant leurs règles et près de 3,5% ont souligné que ceci se reproduisait chaque mois.

Mais qu’en est-il des femmes qui choisissent de travailler malgré tout? 81% des femmes ayant répondu au sondage ont confirmé qu’elles allaient travailler quand même bien que les douleurs menstruelles affectent leur efficacité et leur productivité. Ainsi, proposer des congés menstruels ne serait pas bénéfique uniquement pour les femmes, mais aussi pour les employeurs.

Mis à part les congés menstruels, quelles sont les autres alternatives ?

Si les femmes de votre entreprise sont tellement indispensables que l’idée de leur donner trois jours de congé par mois vous semble irréaliste, vous pouvez toujours les aider à travers d’autres mesures flexibles :

  1. Le télétravail : travailler de la maison quand on est malade ou qu’on n’a pas le moral peut être réconfortant. Cette mesure contribuerait à diminuer le taux d’absentéisme et à contribuer au bien-être de toutes ces femmes qui travailleront du confort de leur salon, les jours où dame nature leur en fera voir de toutes les couleurs.
  2. La semaine comprimée : les femmes pourraient bénéficier d’au moins une journée de repos lors de leurs menstruations qu’elles pourront « rembourser » par la suite avec des heures supplémentaires.
  3. Heures variables : les femmes souffrant de règles douloureuses pourraient choisir de se lever plus tard que d’habitude ou peut-être bien prendre plus de pauses en gérant leurs horaires de façon souple et flexible. Ainsi, elles pourront travailler durant les moments de la journée où elles se sentent le plus productives.

Pour finir, accorder des congés menstruels est une belle façon d’honorer les femmes de son entreprise et de leur montrer son soutien. Cette mesure prône également l’acceptation, la tolérance et la confiance. Cela dit, il ne faut pas que de telles démarches nuisent à la place des femmes dans la vie professionnelle.

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